• Press

BALLROOM Revue – été 2019 - Numéro 22

Isabelle Calabre

Programmé dans le cadre du septième festival Séquence Danse Paris et de la cinquième édition de Monuments en mouvement, Arise offre, comme le veut la première manifestation, un univers chorégraphique “hors des entiers battus” et fait dialogue selon le principe de la seconde, patrimoine et performances. C’est en effet sous les voûtes de la Sainte-Chapelle à Paris que les frères Ben Aïm ont créé cet étonnant trio “dansé et musical”, interprété avec la complicité de Louis Gillard sur la musique exécutée live par le compositeur Piers Faccini. Passant de l’immobilité du gisant à la transe quasi religieuse, les trois interprètes habitent la nef en de longues traversées entrecoupées de solos et duos hypnotiques. Chacun de leurs mouvements entre en résonance avec la mémoire sensible du lieu et réveille des siècles d’art sacré.

 

LE FIGARO MAGAZINE - avril 2019

François Delétraz

ARISE

Avec la cinquième saison de Monuments en mouvement, le Centre des monuments nationaux propose des expériences uniques. […]
Avec Arise, ces deux chorégraphes prouvent que la création in situ peut générer une approche artistique sans pareille. Extrêmement bien dansée, cette œuvre aborde la problématique de la solitude, de la rencontre et du rapport de l’humain au sacré. L’ensemble est magnifiquement accompagné par le musicien anglais Piers Faccini, à qui l’on doit l’album I Dreamed an Island et le plus récent La Plus Belle des berceuses. Dans ces musiques très aériennes, la guitare a une place prépondérante. On retrouve un balancement entre tradition et innovation, en parfaite adéquation avec le lieu et les danseurs.

le figaro - novembre 2018

François Delétraz

MIRAGES LES ÂMES BORÉALES

Avec cette nouvelle pièce, les deux frères Ben Aïm emmènent les enfants pour un voyage vers le Grand Nord. Étonnant.
Réussir à captiver pendant 40 minutes des enfants avec un spectacle qui ne raconte rien, voilà une prouesse! Preuve que l’imaginaire enfantin a besoin de liberté. Avec Mirage, les âmes boréales, François et Christian Ben Aïm les transportent vers le Grand Nord. Ici rien de narratif. Pas un mot. Les deux chorégraphes usent en effet de multiples stimuli pour attirer l’attention des enfants et les pousser à s’inventer leur propre histoire. En somme, cela ressemble plus à de l’art contemporain qu’à du théâtre. Sur scène, c’est un mélange de danse, de vidéo, de musique et de décors qui se transforment. Beaucoup d’éléments fascinent et suscitent des questions.
Chez les adultes, ce sera celle de l’influence de la nature sur l’homme, sur son pouvoir d’induire en lui des rythmes et des comportements. Les enfants demandent plutôt: pourquoi les danseurs se font-ils des câlins? Une autre notion récurrente les intrigue, celle du dehors et du dedans, à travers par exemple l’image de cet igloo où l’on se réfugie mais qui devient ensuite une voile où sont projetées des images d’animaux bizarres. Et bien sûr, l’étrangeté des personnages mi-hommes mi-animaux. Les enfants adhèrent, et au sortir du spectacle commentent avec passion. «Magique» est le mot qui revient le plus souvent à leur bouche. Preuve que la danse peut être source de sensations et d’interrogation. Et qu’elle rend superfétatoire voix off et commentaires.

FRANCE INTER - janvier 2019

Matthieu Vidard

MIRAGES LES ÂMES BORÉALES

Le Club de la tête au carré
> écouter émission

TELERAMA - décembre 2018

Françoise Sabatier-Morel

MIRAGES LES ÂMES BORÉALES

Comment imaginer ce qui adviendra après la fonte des glaces ? Avec comme point de départ un igloo, le seul qui reste encore sur la banquise de l’Arctique, Christian et François Ben Aïm évoquent dans leur chorégraphie un monde qui se transforme, la disparition progressive et inexorable d’un paysage et ses conséquences. Deux interprètes, deux corps eux-mêmes en pleine métamorphose, explorent ce qui les entoure et expriment par leurs mouvements ou leurs attitudes, parfois animales, le lien qui les unit à la nature. Composition sonore (craquements, fracas de la glace qui se fend, silence ou voix de peuple Inuit) et musicale, images vidéo et lumières créent un univers fantastique, à l’image des fascinantes aurores boréales. Un poème chorégraphique qui balance entre vision d’une catastrophe annoncée et anticipation de l’inconnu.

LA TERRASSE - octobre 2018

nathalie Yokel

MIRAGES LES ÂMES BORÉALES

Christian et François Ben Aïm explorent une terre lointaine dans une vision fantastique et plastique de la nature, pour mieux parler du monde contemporain.
Les précédentes pièces des frères Ben Aïm mettaient l’être humain au cœur de la réflexion chorégraphique, à travers un groupe d’hommes comme dans Brûlent nos cœurs insoumis, ou par des solos et des présences fortes, comme dans Peuplé, dépeuplé ou le projet des Instantanés. Aujourd’hui, cette nouvelle création aborde aussi la question de la nature. C’est dans un environnement d’images, de lumières et de sons que les chorégraphes plantent le décor de leur pièce. Au cœur du Grand Nord, l’igloo devient même un des personnages principaux, refuge de deux danseurs qui vivent au rythme de la nature et des éléments.
Paysages lointains, questionnements de proximité
Déjà avec La Forêt ébouriffée, les chorégraphes avaient littéralement transporté le jeune public dans un univers en transformation, faisant de la dimension visuelle une partenaire pour la danse. Leur Mirages, visibles dès 5 ans, poussent plus avant l’exploration. Comment raconter les étendues glaciales, l’immensité de l’Arctique, et la place de l’homme dans cette beauté ? Sous la forme d’une fable philosophique, où la fonte inéluctable de l’igloo devient un enjeu qui dépasse toute vision fantasmée, fantastique ou onirique, le spectacle déploie son propos autour de la question de l’empreinte de l’homme sur la nature.

FRANCE CULTURE - février 2017

Aude Lavigne

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

Christian et François Ben Aïm, un poétique duo de frères chorégraphes.
Deux frères, une chorégraphie, Christian et François Ben Aïm livre des parcelles de vie dans la pièce “Brûlent nos coeurs insoumis”.
Entre élans fraternels et désir de s’affranchir, quatre hommes nous livrent le récit de leurs destins qui s’entrelacent. Une fresque comme une mosaïque, reconstituée par bribes. Des parcelles de vie, reliées avec intensité et force, par le fil des corps et de la musique. Une épopée où les écritures, chorégraphique, théâtrale et musicale se révèlent et nous livrent dans leur dialectique, une part de vérité.

> écouter podcast

LES ECHOS - mars 2017

Philippe Noisette

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

Christian et François Ben Aïm corps et cœurs vaillants

[…] > revue de presse

LES INROCKS - mars 2017

Hervé Pons

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

Christian et François Ben Aïm créent un quatuor fraternel avec l’auteur Guillaume Poix et le trompettiste Ibrahim Maalouf pour une énergique exploration l’insoumission.
[…] > revue de presse

LE MONDE - février 2017

Rosita Boiseau

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

A Avignon, les frères Ben Aïm dansent l’insoumission.
La nouvelle pièce du duo de chorégraphes est à l’affiche du festival Les Hivernales, le 21 février.
Quatre hommes aux prises avec l’obscurité, l’inconscient, les voies tracées des habitudes et du destin. Il fait sombre sur le plateau de Brûlent nos cœurs insoumis, nouvelle pièce du duo de chorégraphes Christian et François Ben Aïm. Il fait sombre mais la rage voit rouge. Sur les thèmes annoncés de la fraternité et de l’insoumission, les Ben Aïm, qui ont collaboré pour la première fois avec le trompettiste Ibrahim Maalouf, ont serré les boulons d’un huis clos familial flirtant avec le tribal, avec embardées libératrices et reprises d’autorité nerveuses. Les images de l’album se lézardent, les verrous sautent, la rébellion monte.
“Un corpus de gestes et de mouvements”
Cette tentative de fracture d’un groupe livre sur le plateau son lot de situations entremêlées que dynamitent des explosions de tremblements en solitaire. « Nous avons eu envie de constituer un corpus de gestes et de mouvements appartenant à une même famille, expliquent les chorégraphes. Comme s’il existait un champ lexical particulier enfoui dans nos mémoires et nos corps. Entre ce qui uni et sépare, il s’agit de faire surgir la différence autour de la figure de l’insoumis qui rompt la continuité imposée. » Quitte à ce qu’il flanche sous le poids des autres. « La fraternité est à double tranchant, poursuivent-ils. Elle est positive mais peut devenir contraignante. »
Avec cet opus qui compacte les forces de quatre danseurs – Fabien Almakiewicz et Félix Héaulme sont auprès de Christian et François Ben Aïm –, les deux frères fêtent les 20 ans de leur compagnie. Sur un thème qu’ils arpentent en long, en large et en profondeur, ils plongent ici dans un dispositif au carrefour de la magie nouvelle et du cinéma avec des coupes noires, sèches qui secouent la narration et auréolent les pulsions. Pour cette exploration vibrante, Christian et François Ben Aïm ont demandé à Ibrahim Maalouf de composer pour eux. Désir réalisé avec une partition sous tension pour quatuor à cordes et trompette. Elle exacerbe ce nouveau tribut à la fratrie et à la communauté des hommes qui ouvre la ronde et dégage un nouveau cycle.

BALLROOM - mars 2017

Gérard Mayen

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

A l’entrée de la salle, nombre de spectateurs du Théâtre de l’Archipel à Perpignan manifestaient leur déception : ils apprenaient la défection du grand jazzman Ibrahim Maalouf, censé interpréter en direct (et
au côté du magnifique ensemble de cordes Quatuor Voce) la musique originale qu’il avait créée pour la nouvelle pièce de Christian et François Ben Aïm, Brûlent nos coeurs insoumis.
A en juger par les applaudissements de la fin, non seulement le trompettiste Geoffroy Tamisier aura su le remplacer, mais c’est toute une qualité d’écoute, au sens le plus fort du terme, que cette pièce chorégraphique sait appeler et construire. Certes, on peut continuer de reprocher à la paire de chorégraphes son penchant pour l’abondance du motif ; et une dramaturgie qui peine à se déployer, quand les séquences chorégraphiques s’enchaînent l’une après l’autre, tableau par tableau, scrupuleusement indexés sur la suite des thèmes musicaux.
On s’en tiendra là, côté reproches, tant cette pièce pour quatre danseurs masculins – dont ses deux chorégraphes – s’élève en amplitude, tout en creusant une atmosphère très profonde. L’espace y est scindé de manière sobre, par un jeu de rideaux, et la désignation d’un cadre restreint en coeur de scène, mais ouvert sans parois. Ainsi tout respire et se condense à la fois, ici avec des puissances de velours, là des résistances de cristal. L’écoute s’y ressent pour valeur supérieure, tant entre les danseurs, qu’avec les musiciens, même lorsque ceux-ci sont masqués à la vue.
On pourrait parler d’une danse durable, pour qualifier la rétention des tensions, le refus de la bricole décorative, et l’économie d’effets théâtraux, entre ces quatre hommes, toujours présents, très debout, hormis des tableaux conjonctifs. Des passages au noir sectionnent un bain de lumières sourdes, où les corps s’engagent volontiers par le haut, suspendent des bassins flottants puis coulés, et permettent le soupesé de chutes patientes, compactes, réceptionnées avec attention.
Peu narratives, les situations abondantes – un peu trop, on l’a dit – esquissent une grave lecture de l’humain, toute en micro-constellations consumées. Une musique limpide, non dénuée de lyrisme, accompagne cette dense méditation gestuelle.

Danser canal historique - avril 2017

Sophie Lesort

BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

Sur la musique d’Ibrahim Maalouf les deux chorégraphes racontent la sombre histoire de quatre hommes.

Sur le sol noir un trapèze dessiné à la craie délimite un lieu exigu ceinturé par quelques poteaux. A peine éclairés, le trompettiste Geoffroy Tamisier et en fond de plateau le Quatuor Voce entament la composition musicale d’Ibrahim Maalouf.
Brûlent nos cœurs insoumis débute avec de nombreux arrêts sur image où l’on aperçoit quatre hommes dans différentes positions. Ils expriment plusieurs sentiments allant d’une chaleureuse amitié fraternelle, au repas de famille… jusqu’à une bagarre et sans doute la mort de l’un d’entre eux. On comprend qu’il s’agit de souvenirs partagés, souvenirs de jeunesse plutôt joyeux, puis souvenirs de violences plus morbides qui déchirent leurs âmes.
Quels liens les unissent ? Qui sont-ils ? Quatre frères, deux frères qui rencontrent des inconnus ou simplement des étrangers qui se croisent par hasard et se lient d’amitié ? Soutenus par la splendide musique parfois douce et parfois intrigante, Christian et François Ben Aïm brouillent les cartes et laissent le doute s’établir.
Puis la danse s’installe. La danse toujours très belle et très personnelle des frères Ben Aïm. De petits pas, d’amples ports de bras qui donnent une forte impulsion au corps, des glissements et tours rapides, tout cela avec une réelle grâce et un intense raffinement. Même si il est un peu répétitif, leur style est incomparable et magnifique.
Le cadre s’estompe peu à peu et une large table autour de laquelle ils sont tous les quatre assis apparaît au loin. Cet instant semble calme alors que d’un seul coup des jets violents de poudre rouge tombent des cintres en provoquant d’énormes bruits. Du sang jaillit de nulle part les inonde avec barbarie.
Alors que jusqu’à présent la pièce signée par le dramaturge Guillaume Poix exprimait l’équivoque et le trouble comme lors d’un jeu de rôles, un virage net et précis s’engage avec des personnalités très dessinées. Brûlent nos cœurs insoumis commence réellement à cet instant, la danse exulte pour signifier l’insoumission. Insoumission à l’oppression du quotidien et au diktat de l’ordre établie accompagnée par les sons percutants de la batterie engendrés par Geoffroy Tamisier.
La frontière a totalement disparu et les hommes sont prêts à se battre, à s’exprimer haut et fort, à tuer le faible. Violence, énergie, puissance dans la musique et dans l’écriture chorégraphique dessinent la transgression, l’extravagance et la résistance.
La conjugaison entre la partition d’Ibrahim Maalouf, la dramaturgie de Guillaume Poix, la chorégraphie des frères Ben Aïm et l’excellente interprétation des danseurs et des musiciens, font de cette œuvre aux multiples thèmes pas toujours très limpides, un spectacle entier.

La terrasse - avril 2017

Nathalie Yokel

BRÛLENT NOS CŒURS INSOUMIS

Une danse du corps et de l’âme pour ce nouvel opus des frères Ben Aïm.  

Ce sont des « hommes en marche » que montrent ici Christian et François Ben Aïm – pour paraphraser le titre d’une de leurs précédentes pièces. On constate en effet que le fil d’une œuvre, commencée il y a maintenant vingt ans, ne cesse d’être déroulé par les deux chorégraphes, interrogeant toujours plus avant la physicalité comme la théâtralité des corps. Avec, ces derniers temps, une attention accrue portée au lien avec la musique. Brûlent nos cœurs insoumis s’inscrit donc dans cette démarche. Il y a dans ces quatre danseurs toutes les interrogations du monde, et principalement dans la scène d’ouverture, magistrale et presque cinématographique, qui nous tient en haleine. Coupés au noir, les corps enchaînent les situations de rencontres, de confrontations, de fuites, de rattrapages, et tentent l’impossible déclaration de leur être au monde et à l’Autre.

A travers l’épreuve de l’autre

La scénographie de Camille Duchemin, tout en épure mais très signifiante, délimite l’espace pour mieux le tendre. Quand les hommes s’en échappent, ils se perdent en heurts : les chorégraphes savent depuis toujours composer leur gestuelle dans la force des chocs, du contact abrupt, de la lutte avec l’autre, dans les chutes au sol et les portés. On s’empoigne, on se saisit, et quand on veut parler, c’est l’empêchement. Fraternelle ? La danse l’est sans doute, mais elle a perdu depuis longtemps sa naïveté et envisage la coexistence dans une négociation continuelle sur la place de l’autre. La musique, signée Ibrahim Maalouf, n’est que plus juste lorsqu’elle ne soumet pas la danse, entre souffle apaisant des solos de trompette et force tellurique de la batterie.

Qui fait quoi de Danse – Blog de Philippe Verrièle - 8 mai 2016

Philippe Verrièle

Peuplé, dépeuplé

Cela commence au noir, par un grondement de musique et quelques flashes lumineux qui laissent deviner la scénographie simple et spectaculaire : une sorte d’échiquier d’une couleur et dont la pointe s’abaisse côté public. Chaque case fait piédestal. Comme la fameuse chaussée des géants mais en version design. L’homme apparaît dans les éclats de lumière; gestuelle puissante, sauts d’un piédestal à l’autre. Il ne descendra pas de ces 25 plots de toute la pièce (sinon un petit instant comme pour se mettre à table). Cela tient de l’épreuve qu’un adolescent casse-cou s’imposerait pour se prouver sa force. C’est une danse d’épreuve. Sous l’éclat passe parfois la figure d’un masque, mais cela reste très fugace et tient de l’allusion surréaliste dans cette ordalie par le geste. Même quand il fait donner les pétards de fête, même quand les deux musiciens apparaissent en fond de scène puis redisparaissent, le corps est mis en jeu. Pour tester les limites, pour voir jusqu’où aller trop loin. Pour finir, le danseur s’enfuit plutôt que d’en finir avec lui. C’était attendu mais tombe juste.

A noter,
très belle scénographie de Camille Duchemin, à la fois plastique et dramaturgie, et qui rompt avec la théâtralité habituelle chez les Frères Ben Aïm. Habituelle mais pas systématique : se souvenir de Amor fati fati amor (2007) dont la scénographie de bambous suspendus faisait comme une réponse inversée aux cubes de la présente pièce.

Une référence,
Certes, c’est le fameux solo de la quarantaine (45 ans pour être juste) où le danseur-chorégraphe mesure combien le plateau devient un terroir rétif (d’où, ici la recherche du risque de tomber du piédestal -beau symbole au demeurant). Le modèle du genre reste Blue Lady (1984) de Carlson. On notera cependant que dans l’œuvre aujourd’hui consistante des « Frères », le solo relève d’une démarche particulière jusqu’ici plutôt illustré par Christian, avec You’re a bird now (2008), mais encore Louves (2009, pour le programme Princesses d’Odile Azagury à Poitier puis Chaillot). Non pas une expérimentation (ils n’ont jamais pratiqué le genre solo à leurs débuts), mais, comme ici, un point d’étape.

Ballroom - Hiver 2015

Marie-Juliette Verga

La légèreté des tempêtes
[…] La grande réussite de la pièce apparaît dans le tissage lâche qui unit l’ensemble des éléments portés sur scène. Du bocal d’eau éclairé dans lequel les visages cherchent l’apnée au costume mi-vêtement de travail, mi-plumes fastueuses du chanteur instrumentiste, Icare essentiel. Des cubes mobiles qui portent les violoncellistes aux corps immobilisés par l’assise et la tenue de l’instrument vibrant malgré tout au subtil travail de lumière de Laurent Patissier. La danse se trouve prise sous les feux croisés d’une douce tempête. La bande-son est à couper le souffle, chant et violoncelle explore diverses traditions, la diphonie enivre. La danse organique, entre exposition intime et distance maintenue, s’offre sans détour. On la voudrait parfois plus rugueuse pour entendre le fracas dans le calme, la brutalité dans la poésie. A suivre.

Umoove - 30 January 2015

Louise Dutertre

La légèreté des tempêtes
The four [dancers] on stage intensify with this lightness of movement, this shifting, enabling them to be the space and be in the space at the same time. Sometimes overwhelmed by their desire, their bodies let go, releasing fluidity and conflict at once. The gestures and energy shifts are as surprising as they are intoxicating. We allow ourselves to be carried away by these headwinds with delight. […]

Danser Canal Historique - 13 November 2014

Agnès Izrine

La légèreté des tempêtes
[…] La Légèreté des tempêtes, with its flourishes and remissions, is a jubilant, pulsating piece, which brings music and choreography together in a single torrent, to show us the anatomy of sensation.

Le Journal de Saône et Loire - Le 10 novembre 2014

Marie Solerno

La légèreté des tempêtes
Les spectateurs ont ressenti la magie impalpable, unique, fugitive parfois, ainsi qu’une immense prise de risque. En effet, une création de spectacle a toujours quelque chose de magique : celle de la première fois, qui ne se répètera jamais.

Quatre danseurs, trois musiciens violoncellistes juchés sur d’imposants cubes noirs, et un chanteur-percussionniste, ont pris possession de la grande scène, qui est devenue terrain de vie. Vie intime, vie intérieure, vie invisible mais vie qui s’exprime, se répand, se répond, se heurte, lutte, bout, hurle, mais ne fuit pas.

Opposition des êtres, opposition de l’être avec lui-même, contradiction perpétuelle et réconciliation incessante, combat à la fois inutile et nécessaire, désir d’être un autre mais impossibilité de se quitter soi-même… c’est tout cela qui surgit de La légèreté des tempêtes , aussi profonde qu’un questionnement sans réponse.

La Voix du Nord - 2 December 2013

Anne Monneau

Karma, the history of life

There are just two benches on stage. Here, the scenery is the bodies. It all starts with a cup of coffee and Western-style music. As if inhabited by the music, the bodies loosen up and move. Then humour comes into play, in the form of mimicry and miming, making us smile and laugh. A spirited battle follows, both against themselves and the world.

Karma is the new work by the Danse Windows project, initiated by Carolyn Carlson to promote contemporary dance. Created in 2013 by Christian and François Ben Aïm, this choreography blends classical dance, contemporary dance and hip-hop. The whole is harmonious and the spectator is transported into a mystical world that’s impossible to leave.
With their eyes raised to the sky, the dancers (Marco Chenevier, Yutaka Nakata and Alhousseyni N’Diaye) seem to invoke a divine power and surrender to it. Does the end of the show represent the end of life or the start of a new cycle? The piece concludes with the dance of the “crystal woman”, who represents man’s weakness, but also his inner strength and determination. It is a magnificent moment that makes us want the dancer to rise up endlessly, to move us once more.

Dfdanse, Montreal’s contemporary dance magazine - 27 November 2013

Justine Parisien-Dumay

Valse en trois temps – Tangente introduces a double bill presenting the work of Sarah Dell’Ava and that of the Ben Aïm brothers, both of which explore, in their own different ways, the source of movement and the impetus it generates. […]
In the second part of the show we were given a glimpse of the impressive work orchestrated by Christian and François Ben Aïm. Valse en trois temps only lasted fifteen minutes this evening, but we devoured every note of the solo dance performed by the splendid Aurélie Berland.
The solo begins with an intense sense of vulnerability; a single light follows the dancer’s face. She looks out at the audience without flinching, but the imaginary mass in her mouth precludes all discussion. As she crosses the length and breadth of the stage the lighting radiates around the entire space, and the exhilarating journey begins. Mozart, Offenbach, Liszt and Schubert follow in quick succession, but they must defend their musical stature next to the movement that pulses inside the performer and explodes out of her.
What is expressed through this series of contractions, tension, release and flight is none other than the sweet, clear reflection of the music itself. The dancer does not attempt to convey all the subtleties of classical melody, but she is certainly on the right track, striking at the right moment with her unpredictable body movements.
As the music climaxes, the performer opens up her body, without, however, giving everything away. She holds something back; she has effectively discovered the source of the movement inside her. But it is too precious a find for her to reveal to us explicitly. She shares it with us and we respond with a feeling of exhilaration, with wide-eyed wonder and a desire to do as she does, which is more than enough, we think you’ll agree!

Danser - January / February 2012

Philippe Verrièle

Ô mon frère! […] This piece was performed in Avignon this summer. They scored a little hit with their absolutely delightful trio Ô mon frère!. It is an old piece (2001) that dates back to the start of the duo’s career. The intense trio felt all the more intimate in the round room of the Condition des Soies theatre. It is a tragic pilgrimage, an endless march, both intense and painful. The body language evokes a masculine camaraderie, the dance of brothers in arms. It develops in sequences linked to a very subtle soundtrack that mixes Leonard Cohen with the sound of the wind. There is no narrative, contrasting with the choreographers’ reputation for theatricality, but a succession of flashes of exhausted heroism of the kind so often seen at the end of Westerns, when the heroes are all the more handsome in their exhaustion. A stick is passed from one to another, transforming from a weapon to a crutch, and the three performers juggle and move forward and hesitate before coming together again. The rough dance movements recall wrestling, capoeira, and martial arts, even if this is not always intentional. Ten years after its creation, the whole trio is still a remarkable expression of the powerful connection that enables the Ben Aïm brothers to work together. In this, there is something almost poetic about it.

LA TERRASSE - July 2011

Nathalie Yokel

The brothers do the splits with two propositions: Ten years separate the trio O my brother! of their latest creation Valse en trois temps.
As they prepare for their next creation The Ogress, Christian and François Ben Aïm take the time to stop at the Avignon Festival to show the evolution of a real work of the company, in a dance-theater way with the same desire for frank physicality and a complicit relationship with the music .

O my brother, created in 2011, drew pictures of the photographer Josef Koudelka and gathered three dancers in a fraternal saga where the harshness of life in a body to body choreography flirting with fight or brawl, on Leonard Cohen’s music. They also present their latest creation, designed as a triptych exploring three different musical styles. Valse en trois temps has the generosity of projects designed without complex nor constraints: a solo, duet and trio carried by the two choreographers and dancers who know well the style of the two brothers. The duo is gaining momentum in a relationship man wife-swinging up and carrying away the bodies; the trio offers both dark and comic accents on the crazy universe of the Tiger Lillies. More surprisingly, the solo reveals a finer and more abstract writing, which Aurélie Berland incarnates with great accuracy. Always on the wire and a great delicacy, she takes us through different states composed and recomposed on greatest hits of classical music. To be enjoyed without moderation.

Dfdanse, le magazine de la danse actuelle à Montréal - Le 27 novembre 2013

Justine Parisien-Dumay

Valse en trois temps – Tangente présente un programme double regroupant le travail de Sarah Dell’ Ava ainsi que celui des frères Ben Aïm, qui scrutent tous deux, mais bien évidemment à leur façon, la source du mouvement et l’impulsion qui engendre la suite. […]

En seconde partie, il nous est donné la chance de voir l’impressionnant travail orchestré par Christian et François Ben Aïm. Valse en trois temps, ne dure pour cette soirée que quinze minutes, mais on en engloutit chaque note dansée à travers un solo interprété par la splendide Aurélie Berland. Un solo qui commence avec toute la vulnérabilité du monde ; seule lumière suivant le visage d’Aurélie. Elle regarde le public sans broncher, mais cette masse imaginaire dans sa bouche entrave la discussion. De sa traversée longue et large de la scène, les lumières se diffusent à l’espace global et c’est à ce moment que les frissons débutent. Mozart, Offenbach, Liszt, Schubert se succèdent, mais doivent défendre leur stature musicale auprès du mouvement qui palpite à l’interne de l’interprète, qui explose à l’externe. Ce qui s’exprime au travers des crispations, des tensions, des relâchements, des envolées n’est en fait que le doux et clair reflet de la musique. La danseuse ne prétend pas jouer toutes les subtilités de la mélodie classique, mais elle ne fait certainement pas fausse route quant à frapper au bon moment à l’aide d’élans de corps imprévisibles. Au paroxysme des notes, on voit le corps de l’interprète s’épanouir sans nous livrer tous ses secrets. Car oui, elle se garde une réserve ; elle a effectivement trouvé la source du mouvement intérieur. Toutefois, il s’agit d’une bien trop belle trouvaille pour nous la livrer de manière explicite. Elle nous la transmet, on a des frissons, on a l’oeil pétillant et l’envie de faire comme elle, c’est bien assez, vous ne trouvez pas !

Le Monde - July 23rd, 2011

Rosita Boisseau

Dansed brotherhood of Christian and François Ben Aïm

They do everything together. And separately. One dances or choreographies, so does the other one. Until July 26th at La Caserne des pompiers, with the support of Région Champagne-Ardenne, this small family business is a hit with Valse en trois temps, composed of a duet, a solo and a trio.

” We’ve always done everything together, says Christian Ben Aim, 35. At College, in High school, we discovered mime, theater and dance. I followed big brother – François being five years older than I am. Sometimes we do not know if we’re still brothers, or choreographers at first, but we truly respect our family bond. ”

Anomaly in the context of contemporary dance, the Ben Aïm brothers have also everything of an incongruity. They love, they adore dance that dances, the one that seeks pleasure and exaltation in the original movement sequences. And they succeed wonderfully, inventing a fluid and light writing, very swing in the hips, swirling on stage as a whipped cream is brought up.
They also have the joyous mood, enjoying pleasure itself, the one that gives the motion a life-threatening emergency. On jazz music, a great remix of classical ballet scores and blues pop group Tiger Lillies, the brothers are free men who have nothing to sell or demonstrate.

La Terrasse - November 2011

Nathalie Yokel

L’ogresse des archives et son chien – Beyond reality, a contemporary fable.
[…] A good dose of fantasy helps us talk about our fears, our ghosts, and the violence of a world in which we construct our own identity. In this show, we get the chance to meet some of the imaginary characters that populated our childhood. But the choreographers cross the line between fantasy and reality by continually shifting and disrupting what we already know. There are diversions, transformations, reimaginings…cut-and-pastes that become crazily absurd to say the least, but that resonate with reality and even the here and now. In the end, we navigate consciously between reality and fantasy, as we are transported into an unusual new imaginary world. A dozen or so performers – dancers, circus artists and musicians – take part in this entertaining mashup, characterised by the same lively, poetic and often physical style of dance that the company has been known for since its debut.

France culture - Mars 2012

L’Ogresse des archives et son chien – La chorégraphie est inspirée de l’univers des contes de fées, de ses symboles et de ses personnages. Dans ce conte contemporain, grands méchants loups, princesses, petits chaperons rouges et ogres se croisent et se métamorphosent pour questionner le monde qui nous entoure. À partir de ce matériau inépuisable, Christian et François Ben Aïm ont créé une pièce unique et palpitante : « Notre désir est d’amener le spectateur tout au long de la pièce, à osciller entre rêve et réalité ». Sur scène, neuf interprètes, issus de différentes disciplines, mêlent la danse aux arts du cirque, en présence de deux musiciens qui interprètent en live une composition originale. La féérie laisse place à un univers à la beauté étrange, aux échappées poétiques, bercé par la douceur électrique de la musique… un spectacle pour réveiller les princesses endormies !

Mouvement.net - June 21st, 2011

Charlotte Imbault

Back to the beginning of the festival June Events

The first two days of the fifth edition of June Events had nice proposals regarding possible relationships between music and dance. In the solo of Valse en trois temps lead by Christian and François Ben Aim, we can hear great classic tunes:Vivaldi, Tchaïchovski … and yet there is Aurélie Berland. And the connection between music and dance changes. Broken wrists, neck extended, feet on the toes or flex, the dancer trembles, operates jerky movements, managing to gather all the energy of her body. An all in one. A certain rigidity of the traditional body of the dancer is visible, but with distance and a certain nonchalance, with a gesture sometimes resembling Charlie Chaplin’s. Here, the impact of the dancer sweeps away what we can hear.
Charlotte Imbault

L’EST ÉCLAIR - 21 November 2011

Laurence Bébének

Created in 2011, Christian and François Ben Aïm’s original piece, called L’Ogresse des archives et son chien, is a fable that brings together a variety of weird and wonderful characters from fairy tales, such as witches and Little Red Riding Hoods. In total, a dozen or so artists appear on stage: circus performers, dancers, musicians and film makers all contribute to a show that transports young and old into a fantasy universe. In a simple yet stunning backdrop (featuring a swaying tree), unusual characters (eight Little Red Riding Hoods that circle around each other on tiny bikes) create an offbeat atmosphere that is brimming with surprises, energy and dreams. Playing with proportions, with the images sometimes reversed, the transformations are at the core of this original, daring piece. The show begins with a short film (around 10 mins) that fires the viewer’s imagination. It is followed by a succession of beautiful images superimposed onto the stage, revealing an empty space that is quickly filled by whirling silhouetted figures.

Danser - Novembre 2008

Mathieu Braunstein

Louves – Il déboule d’une lointaine coulisse, recroquevillé sur un vélo d’enfant, corps enveloppé dans une cape rouge, traînant une fourrure en guise de dépouille. De la “princesse” thème générique de la rencontre, Christian Ben Aïm donne une vision singulière : celle d’un petit Chaperon rouge de trois-quatre ans, piquant une grosse colère, razziant les attributs de maman (une paire d’escarpin pour foutre le camp) et ceux du bucheron (un coup de hache et puis s’en va). Avec ses emprunts au cirque et au théâtre, le jeune chorégraphe fait souffler un vent contraire dans le sous-sol béton du nouveau Théâtre auditorium de Poitier (TAP). Il affole les compteurs d’une manifestation pour le reste plutôt sagement bordée. […]

Télérama - March 12th, 2011

Mathieu Braunstein

We were warned. The play of Christian and François Ben Aïm would be performed in the first part of Manoel de Oliveira’s film. A choreographic «curtain raiser», before diving into fantastic. We were tempted, enticed by the fun but fleeting memories of another «mouthing», in which Christian, the youngest, arose on a tiny bike, a Red Riding Hood with half-court shoes or like an unleashed lumberjack (Louves , 2008). Here, in contrast, no beautiful scenery, just a soundtrack featuring a patchwork of classic tunes. And a dancer falsely sick of dancing. Rare and unclassifiable, the Ben Aïm Brothers come from pantomime. This is reflected in their body language, touching with modesty, and a worked awkwardness. There’s something a little outdated in this idea of «curtain raiser «. Also shifted is the play, evoking almost mechanically – by the framework and format – short burlesque films. In this solo, which gives us a taste of a duet and a trio to come, a sort of Buster Keaton in the feminine scale (among others) in Swan Lake … We plunge willingly.

Webthéa - October 2005

Philippe Verrièle

Ô mon frère!: tender and modest
The three men of Ô mon frère! are hefty and strong, and their performance style is not in the least bit dainty. Created in 2001, this piece explores a brawny aesthetic that its authors, the Ben Aïm brothers, have somewhat neglected of late. It offers a clear analysis of the bonds males form when faced with stress, danger, doubt. It is a piece that investigates male camaraderie, a dance of exhausted cowboys, of brothers in arms. It develops in sequences linked to a very subtle soundtrack that mixes Leonard Cohen with the sound of the wind. There is no clear narrative, but a succession of flashes of exhausted heroism of the kind so often seen at the end of Westerns, when the heroes are all the more handsome in their exhaustion. A stick is passed from one to another, transforming from a weapon to a crutch, and the three performers juggle and move forward and hesitate and hate each other before coming together again. The dance movements, which are suitably rough given the context, recall wrestling, capoeira, and martial arts, even it is not clear if this is intentional.  Quite simply, this meeting of men, shot through with violent affection, assumes that these rivalries will degenerate into a concerted movement of understanding. With tenderness and a great deal of modesty, this piece speaks to the dance of men and the affection between them in a tone that is highly unusual and yet essential.

Danser - Mars 2008

Philippe Verrièle

Formellement, Amor fati fati amor que viennent de créer Christian et François Ben Aïm est une pièce impeccable. S’ouvrant sur un lent solo, scandée par les entrée, cette pièce pour six danseurs sous une forêt de bambous au-dessus d’un plateau argenté, offre une écriture gestuelle très précise et parfaitement servie par les interprétes. En renonçant à la théâtralité qui marquait les œuvres précédentes, les chorégraphes sont allés chercher, avec tout le sérieux qu’on leur connaît, l’émotion dans le mouvement lui-même. Ils parlent d’une “expressions brute de l’acte dansé qui permet une focalisation plus grande sur l’engagement physique” et cela ressemble aux recherches d’il y quelques années avec un petit goût de Gallota pas désagréable. Plastiquement, le résultat est très aboutit. […]

Sud-Ouest - le 24 mars 2007

En plein cœur – Adapté par les frères Ben Aïm, un jeune duo qui depuis dix ans accomplit un travail de recherche alliant théâtre et danse, l’histoire de ce terrible meurtrier vient ici nourrir leur création dans une chorégraphie forte en puissance et en émotions. Un travail autour du théâtre mais qui, rappelle Marie-Laure Lesguourgues, directrice des Carmes “est un spectacle de danse avant tout. Certes des phrases sont dites au micro par les danseurs mais l’on voit clairement qu’ils ne sont pas comédiens”.

Le public est happé. Vient ensuite tout le contenu. Avec une scénographie faite de panneaux de verres mobiles illustrant le basculement entre la réalité et indicible, le public ne sera jamais tranquille, ni dans ses émotions, ni dans ses refus, ni dans ses partis pris. Il sera happé par la forme d’une danse puissante exprimée par trois femmes et six hommes qui se partagent alternativement tous les personnages.

Ainsi Roberto Zucco n’aura pas toujours le même visage, creusant ainsi dans les esprits la complexité du personnage en le maintenant illisible par les esprits cartésiens. Duos, trios, quatuors servent une danse puissante, violente et parfois tendre.

Avec En plein cœur l’émotion du texte passe par le mouvement, par le mélange des corps, de la musique et de la danse. Car on le répète, il s’agit bien de danse, inspirée par le théâtre et un meurtrier. Une chose est certaine, le public est volontairement sollicité par Christian et François Ben Aïm, deux chorégraphes étoiles montantes de la danse contemporaine.

Le Monde - le 22 janvier 2007

Rosita Boisseau

En plein cœur – […] Au café de la danse, le spectacle En plein coeur, signé par les frères Ben Aïm, duo chorégraphique débordant d’idées, devrait trouver un cadre qui convient le mieux à son adrénaline. Inspiré par Roberto Zucco, de Bernard Marie Koltès, cette pièce fait décoller le drame par le biais d’une gestuelle gonflée de violence et de souffrances sublimées. Les neuf danseurs et acteurs font claquer les corps et les mots. La bataille n’en finit jamais sur le plateau. […]

La République du Centre - Décembre 2004

Marie-Noëlle Froger

Carcasses, un œil pour deux – Impossible de rester indifférent devant le spectacle joué, jeudi soir, au Centre Chorégraphique National d’Orléans dans le cadre du festival Traverses, par Christian et François Ben Aïm, sur une libre inspiration de la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès. Les deux acteurs s’animent, s’immobilisent, rampent, marchent, s’ignorent, se toisent, courent, où vont-ils, que veulent-ils ? Autant d’interrogations qui trouvent une réponse progressivement grâce au talent de libre expression de ces acteurs/danseurs. A l’aide d’une rencontre fortuite, de deux regards qui se croisent dans un moment de vie, le corps se manifeste et tente par le geste de transcrire le dialogue. Impressionnante interprétation d’une véritable dualité masculine mouvante, où rien n’est figé ; mais en perpétuelle métamorphose, où s’entrechoque tension et relâchement, rapprochement et isolement, raideur et souplesse, quotidien et absurde. […]

Transcrire, incarner par le mouvement et le geste la succession implacable des mots, incidence des actes et évènements, c’est ce formidable tour de force qu’ont offert les interprètes devant un nombreux public conquis.