BRULENT NOS CŒURS INSOUMIS

A Avignon, les frères Ben Aïm dansent l’insoumission.
La nouvelle pièce du duo de chorégraphes est à l’affiche du festival Les Hivernales, le 21 février.
Quatre hommes aux prises avec l’obscurité, l’inconscient, les voies tracées des habitudes et du destin. Il fait sombre sur le plateau de Brûlent nos cœurs insoumis, nouvelle pièce du duo de chorégraphes Christian et François Ben Aïm. Il fait sombre mais la rage voit rouge. Sur les thèmes annoncés de la fraternité et de l’insoumission, les Ben Aïm, qui ont collaboré pour la première fois avec le trompettiste Ibrahim Maalouf, ont serré les boulons d’un huis clos familial flirtant avec le tribal, avec embardées libératrices et reprises d’autorité nerveuses. Les images de l’album se lézardent, les verrous sautent, la rébellion monte.
« Un corpus de gestes et de mouvements »
Cette tentative de fracture d’un groupe livre sur le plateau son lot de situations entremêlées que dynamitent des explosions de tremblements en solitaire. « Nous avons eu envie de constituer un corpus de gestes et de mouvements appartenant à une même famille, expliquent les chorégraphes. Comme s’il existait un champ lexical particulier enfoui dans nos mémoires et nos corps. Entre ce qui uni et sépare, il s’agit de faire surgir la différence autour de la figure de l’insoumis qui rompt la continuité imposée. » Quitte à ce qu’il flanche sous le poids des autres. « La fraternité est à double tranchant, poursuivent-ils. Elle est positive mais peut devenir contraignante. »
Avec cet opus qui compacte les forces de quatre danseurs – Fabien Almakiewicz et Félix Héaulme sont auprès de Christian et François Ben Aïm –, les deux frères fêtent les 20 ans de leur compagnie. Sur un thème qu’ils arpentent en long, en large et en profondeur, ils plongent ici dans un dispositif au carrefour de la magie nouvelle et du cinéma avec des coupes noires, sèches qui secouent la narration et auréolent les pulsions. Pour cette exploration vibrante, Christian et François Ben Aïm ont demandé à Ibrahim Maalouf de composer pour eux. Désir réalisé avec une partition sous tension pour quatuor à cordes et trompette. Elle exacerbe ce nouveau tribut à la fratrie et à la communauté des hommes qui ouvre la ronde et dégage un nouveau cycle.

Équipe artistique et partenaires