[…] « On a toujours tout fait ensemble, raconte Christian Ben Aïm, 35 ans. Au collège, au lycée, on a découvert le mime, le théâtre et la danse. Moi, je suivais le grand frère – François a cinq ans de plus que moi. Parfois nous ne savons plus si nous sommes frères encore, ou chorégraphes d’abord, mais nous respectons notre lien familial. »
Anomalie dans le contexte de la danse contemporaine, les frères Ben Aïm ont aussi tout d’une incongruité. Ils aiment, ils adorent la danse qui danse, celle qui cherche l’ivresse dans des enchaînements de pas inédits et justes. Et ça, ils y réussissent à merveille, inventant une écriture fluide et légère, très swing dans les hanches, qui tourbillonne sur le plateau comme on fait monter une crème chantilly. Ils possèdent aussi l’humeur joyeuse, jouisseuse même, celle qui donne au mouvement une urgence vitale. Sur des musiques jazz, un remix de grandes partitions de ballets classiques et le blues pop du groupe Tiger Lillies, les frangins jouent les hommes libres qui n’ont rien à vendre ni à démontrer. « On se moque de ne pas être dans l’air du temps, glisse l’aîné. Après une période plus sombre, on a envie aujourd’hui d’aborder les mêmes thèmes – l’identité, la relation à l’autre – mais dans le bonheur de la rencontre. Et tant pis pour la mode. »

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